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Compte-rendu de notre réunion-débat sur le stress au travail

Notre première soirée-débat s’est tenue mardi dernier, le 15 décembre sur le thème suivant : « le stress au travail ? »
La soirée a été intéressante et appréciée, le débat riche en échanges d’idées.
Nous avons eu la chance d’avoir parmi nous le docteur François CRESPO, médecin-psychiatre, spécialiste du stress au travail, sujet sur lequel il intervient auprès des entreprises et des salariés. Il nous a apporté son analyse de la question.

Pour lui, une rupture claire a eu lieu entre l’an 2000 et cette année 2009.
En 2002, la notion de harcèlement au travail à été introduite dans le Droit, puis en 2009, il à été formellement reconnu que certaines méthodes de management du personnel pouvaient être « harceleuses » par nature. Récemment, nous sommes donc passés d’une approche humaine à une approche juridique qui trouve les réponses à ce problème dans le Droit.

Ce changement d’approche à eu pour effet de faire croire à une augmentation du nombre de suicides liés au travail, changement appuyé par une forte médiatisation de la souffrance au travail. Alors, les chiffres statistiques sont restés inchangés.

Si les chiffres n’ont pas variés, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’importants problèmes sur le terrain des entreprises : il existe un réel retard sur les préventions du suicide. Du côté des employés, on évoque fréquemment une « mauvaise ambiance » manière d’exprimer son mal-être. En revanche, le « stress au travail » expression courante issue du monde médiatique se rencontre peu dans la bouche des salariés.

Les statistiques de la Médecine du travail sont les suivantes :
40% des salariés consultent pour des conflits (avec leur hiérarchie, leurs collègues)
30% pour un mauvais encadrement dans leur travail
8,5% pour une situation de harcèlement moral
4% uniquement pour obtenir des avantages sociaux (fraudes)
et chiffre surprenant, 30% des personnes qui consultent pour un problème au travail souffrent de troubles psychologiques (dépression, etc…)
On constate qu’il existe bien des crises relationnelles sur le lieu de travail.

A l’origine de ces crises, de ce stress, on trouve plusieurs facteurs qui s’enchaînent ou se cumulent :
1) le poids du passé personnel
2) les problèmes familiaux
3) le contexte du travail (bruits, difficultés, etc…)
4) « l’ambiance » (bonne ou mauvaise entente entre collègues)
5) l’endettement et plus généralement le contexte économique
6) la peur d’être déclassé, d’être humilié, d’apparaître comme un perdant
7) la santé
En contact avec un ou plusieurs de ces facteurs, sans obtenir d’aide, la personne tend à se révolter contre sa condition, puis dans un second temps se replie sur elle-même et tombe peu à peu dans la dépression, qui dans certains cas la conduira au suicide.

Dans tout cela, on note une constante : le besoin important et fréquent de contacts humains, nécessaires pour rompre un sentiment de solitude. Il y a sans doute là une piste pour apporter des solutions au problème du mal-être au travail.

Après avoir mené des réflexions et écouté des salariés de diverses entreprises, les attentes des employés ont pu être définies ainsi :
1) besoin de confiance de la part de son supérieur hiérarchique et besoin de lui faire confiance, ce qui est aussi valable avec les collègues
2) besoin de soutien
3) mettre fin à la violence symbolique (humiliations, harcèlement moral, etc…)
Les attentes sont très fortes envers la hiérarchie, le plus souvent jugée absente ou incapable de résoudre les problèmes, en particulier les conflits.

Peu à peu, le patronat a pris conscience de ces nécessités. Des modèles de formations pour managers sur le thème : « Comment être un responsable et gérer ses équipes ? » ont été mis en place.

Interrogé sur les solutions possibles pour régler ces problèmes, François Crespo nous a livré ses conclusions :
apprendre à résoudre les conflits
donner des outils aux salariés pour qu’ils soient en mesure de repérer un collègue en difficulté. Une sorte de « secourisme psychologique ».
L’objectif qu’il faut garder à l’esprit est celui de renforcement du lien social, de l’attention à l’autre.
Au niveau de l’action politique, une réflexion doit être menée sur les conditions de travail (horaires, configuration des lieux de travail, etc…)

=> Les Français attendent un changement radical des méthodes de management pour un retour à l’humanisme.

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