A PROPOS DE LA VIDEOSURVEILLANCE
Chacun connaît la « querelle » qui semble opposer Le Maire d’Aix à son Premier adjoint…..Ces gens là occupent l’espace médiatique comme ils le peuvent, faute de pouvoir s’expliquer sur leur désastreuse politique, en matière de Thermalisme notamment. A moins que ce ne soit pour mieux cacher la cascade d’augmentations des tarifs des services publics aixois (restaurants scolaires, piscine, centre de loisisrs….).
Quoiqu’il en soit, le problème de la vidéosurveillance a fait l’objet d’un débat au Parlement dans le cadre d’une énième loi sécuritaire . Aussi il nous a paru intéressant de vous faire connaître le point de vue de Jean-Paul BRET, maire PS de Villeurbanne, (chronique parue dans Le Monde du mardi 2 mars 2010)
Non, les maires ne sont pas défaillants
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En tant que maire de Villeurbanne, j’ai émis des réserves sur la pertinence de la vidéosurveillance. Je ne cultive pas les oppositions de principe. Je pense même qu’en quelques cas de figure elle peut s’avérer efficace, notamment dans des espaces clos. Mais – et tous les analystes le disent – elle ne peut pas être présentée comme un remède miracle, sachant que même Scotland Yard la qualifie de » fiasco « . Parmi les études menées par de nombreux chercheurs, appartenant à différentes disciplines, aucune ne permet de conclure à une efficacité quantifiable. Quant aux démonstrations du ministère de l’intérieur, leur méthodologie est – pour le scientifique que je suis également – comparable à ce que l’astrologie est à l’astronomie.
C’est pourquoi, et contrairement à ce que me demandait le préfet du Rhône, j’ai refusé que la vidéosurveillance se généralise sans discernement sur la voie publique de ma commune, lui préférant de loin une présence policière de proximité, bref l’humain contre la machine ! L’actualité récente – notamment dans les établissements scolaires d’Ile-de-France – a montré que les caméras n’empêchaient pas la violence. Quant aux hommes – je veux parler des policiers -, ils sont malheureusement soumis à la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Ainsi, la police nationale de Villeurbanne a perdu 50 agents sur les 200 en poste il y a huit ans.
Une question se pose désormais aux maires. Demain, un préfet considérant la divergence de propos d’une municipalité pourra-t-il conclure à sa défaillance ? Le risque sera grand alors de voir les représentants de l’Etat se substituer à ceux du peuple, au plus grand mépris du suffrage universel. A la fin du XIXe siècle, l’Etat avait trouvé une solution radicale pour étouffer la parole des élus. La loi des maires, votée en 1874 après trois ans seulement de libertés municipales, lui redonnait le droit de les nommer et de leur retirer leur pouvoir de police.
Le motif de défaillance, qui revient à instaurer un nouveau délit d’opinion, est le bâillon d’aujourd’hui ! Cette conception curieuse de la démocratie pourrait s’avérer plus dangereuse que le terrorisme dont elle est supposée nous protéger. »
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